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jeudi 10 novembre 2016

"Sortir de la boîte" - Une leçon de leadership








Lorsque je suis passible d'auto-trahison et d'auto-aveuglement 



Il s'appelle Tom... Après dix ans d’expérience chez un concurrent, il se rend pour la première fois chez ZAGRUM, société de services où il vient d’être recruté comme Manager. On lui a annoncé une journée entière d’entretien en face-à-face avec Bud, le VP de ZAGRUM. Ceux qu’il a interrogés pour en savoir plus sur cette rencontre ont évoqué une découverte qui montre pourquoi la plupart des gens ne sont pas réellement centrés sur les objectifs en entreprise ; une découverte qui peut résoudre tous les problèmes relationnels et explique à elle seule le succès sans précédent de ZAGRUM.

Un processus de sensibilisation choisi


De fait, cet entretien, mené en toute convivialité mais néanmoins avec détermination par un quinquagénaire qui ne fait pas son âge, va révéler à Tom des vérités fort simples sur nos fonctionnements relationnels à tous, notamment en famille ou en entreprises, là où nos enjeux de vie sont les plus importants ; des enjeux qui expliquent à la fois nos sources de troubles ou de sérénité, de désarrois ou de joies profondes, ou bien encore celles de nos échecs ou de nos succès. Tom et Bud seront rejoints tour à tour par Kate, actuelle Présidente de la société, et Lou, son prédécesseur, par pur plaisir mais aussi par engagement. En effet, la découverte que doit faire Tom est si importante qu’après avoir fait eux-mêmes l’expérience de l’échec jusqu’à la quasi-rupture, les dirigeants de ZAGRUM forment désormais tous leurs collaborateurs dès la première heure à déceler les attitudes que nous entretenons tous spontanément et qui nous entraînent... « dans la boîte », pour la plus grande infortune de toute nos communautés humaines.

ARBINGER et le leadership


Les pépites de la culture en management ne se mesurent pas (toutes) à l’aune du caractère « dernier cri »… Le scénario et la réflexion évoqués ici émanent de l’ouvrage « Sortir de la Boîte – Leadership et Auto-aveuglement » publié par ARBINGER aux Etats-Unis en 2002 et traduit en français en 2005 chez Ronan Denniel Editeurs. Organisation fondée en 1979 à partir des travaux de D.C. Terry Warner, ARBINGER est une société de conseil et de recherche originale sur l’ouverture de l’esprit pour de meilleures performances personnelles et collectives. Recommandé par une amie, cet ouvrage a éclairé ma réflexion estivale sur mes perspectives tant personnelles que professionnelles, et me semble de ceux que tout manager ou leader qui se respecte devrait avoir eu entre les mains. Mais... Revenons à « la boîte ».

« Dans la boîte » : auto-trahison et auto-aveuglement


Pour sortir de « la boîte », il faut d’abord y entrer… J’entre dans la boîte lorsque, pour de multiples raisons personnelles, (paresse, égoïsme, fatigue…), je fais un choix qui contrevient à mon ressenti profond de ce qui serait bon, tant pour moi que pour autrui (un collègue avait manifestement besoin d‘aide : j’ai fait la sourde oreille…). Alors j’entre en « auto-trahison ». Une fois ce cap franchi, j’éprouve le besoin de me justifier : pour cela je commence à regarder les choses de manière déformée, entrant maintenant en « auto-aveuglement » : l’autre est paresseux, insensible, et manque d’égard, tandis que moi, je suis travailleur et victime ! Le drame de ce processus est que je finis par m’habituer à cette vision des choses (je « transporte ma boîte » avec moi). Pire, tandis que j’entre « dans la boîte », mon comportement d’opposition incite les autres à entrer eux aussi dans la leur, ce qui conduit à une spirale destructrice au coeur de laquelle, ayant pourtant intégré mon entreprise (ou mon couple..) avec un idéal authentique, je me retrouve à ne plus m’occuper que de moi-même, dans une attitude défensive, contre les autres que je perçois comme menaçants.

Comment « sortir de la boîte » ?


Lorsque je suis "dans la boîte", je suis essentiellement préoccupé par moi-même : il m'est donc impossible d’être centré sur les objectifs de l’organisation. Pour la même raison, il m’est impossible de sortir de ma boîte en essayant de changer les autres, pas plus qu’en faisant de mon mieux pour les supporter (ce ne serait que comportement de façade) ou encore de quitter le navire (puisque je transporte ma boîte avec moi !). Quadrature du cercle ? Presque… Sauf que... Si nous sommes tous souvent « dans la boîte », nous ne le sommes heureusement pas toujours, et il arrive que tel ou tel comportement exemplaire force mon admiration (devant un client clé, mon manager a ouvertement pris la responsabilité d’une fâcheuse erreur dont je suis responsable, me laissant intègre). Seule une personne qui est « hors de la boîte » est capable de tels comportements. Alors, si j’accepte de la regarder, je deviens libre vis-à-vis d’elle et peux, dans cet espace de liberté qui peut être assez court, reconsidérer ma relation à tel ou tel autre et reconnaître là mon propre aveuglement, qui ne va généralement pas sans une émotion forte : demander pardon, à l’autre comme à moi-même, devient alors possible et un recommencement, une relation renouvelée, peut intervenir.


Evidemment, ce chemin de libération n’est jamais fini, et nous retombons régulièrement dans nos travers. Toutefois, lorsqu’une organisation considère la qualité des fonctionnements relationnels en son sein comme prioritaires, et le phénomène décrit ici pour ce qu’il est, c’est-à-dire le premier destructeur de motivation et de performance au travail, alors l’investissement en temps et en attention comme celui de Bud ou de Kate chez ZAGRUM ne peut qu’être plébiscité. Ne serait-ce pas là l’expression d’un véritable leadership d’organisation ?
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